Test
Test de Castle of Magic sur iPhone
Ses airs enfantins et son univers coloré avaient déjà décroché des sourires aux possesseurs de téléphones mobiles. Gameloft a décidé de donner un second souffle à son jeu d'aventure et de plateformes en le revisitant pour l'iPhone et l'iPod Touch. Grâce aux capacités des deux engins, Castle of Magic a bénéficié d'une refonte graphique complète et a donc pris du volume. Il ne lui reste plus qu'à inviter les joueurs à parcourir, une fois encore, ses mondes enchantés et à essayer sa nouvelle jouabilité tactile. Le titre encourageant facilement à faire l'amalgame avec certains jeux oldschool par son gameplay et ses références, voyons s'il souffre de la comparaison...
Un voyage fabuleux
Un jeune blondinet joue sur la plage avec son amie Jenny quand, soudain, sous nos yeux ébahis, ils découvrent un trésor. Laissant parler leurs âmes d'aventuriers, les deux bambins décident d'ouvrir le coffre qui gît sur la plage sablonneuse. Il s'agit malheureusement d'un piège et les voilà entrainés par un sombre tourbillon qui va les propulser... ailleurs. Quand Wizzy ouvre enfin les yeux, un peu étourdi, il se retrouve face à un étrange gnome vert. Le désagréable bonhomme est en fait le sorcier Nefastax, sans doute devenu fou à force de s'ennuyer. L'affreux enlève Jenny et invite le héros à le poursuivre à travers les univers qui composent son monde, histoire d'améliorer un peu la monotonie de son quotidien. Mais pour être de taille à relever le défi, Wizzy va avoir besoin de pouvoirs... et ça tombe bien puisqu'il découvre un chapeau ensorcelé qui le transforme en petit magicien.
Vêtu de bleu, vous allez donc explorer les mondes qui composent le royaume de l'antipathique gnome. L'hétérogénéité est de mise, pour le plus grand plaisir des yeux : un labyrinthe vert aux allures champêtres, un bateau pirate offrant des phases sous-marines, un délicieux gâteau qui égayera vos papilles, une mystérieuse galaxie cybernétique et, enfin, le château de Nefastax dans lequel on retrouve chacun des thèmes pré-cités. Comme le tout se débloque au fur et à mesure, pas de cruel dilemme pour savoir par où commencer, et il en va de même pour les trois niveaux de chacun des mondes qui sont accessibles progressivement et qui peuvent être revisités à volonté.
Au sein de chaque level, le petit bonhomme va devoir bien sûr avancer, mais il lui faudra aussi récolter : des pierres précieuses violettes, qui s'évaporeront partiellement au moindre contact, jusqu'à la mort, comme Sonic et ses anneaux, et procureront de nouvelles vies en atteignant la centaine ; trois étoiles pour montrer qu'il a bien exploré chaque recoin de l'écran, y compris les zones bonus, comme Mario et ses étoiles ; et des chapeaux magiques ajoutant des vies supplémentaires, comme Harry Potter et ses produits dérivés. Une fois l'exploration de chaque niveau achevée, il ne reste plus qu'à affronter l'un des sbires de Nefastax, voire l'affreux en personne, mais il s'agit là d'une autre histoire que nous vous conterons par la suite, après quelques temps de chargement, comme dans le jeu.
Ce rêve en bleu
Pour venir à bout de sa quête, Wizzy va devoir apprendre à maitriser ses nouveaux pouvoirs. Heureusement pour lui, il continue à se livrer à des choses aussi basiques que marcher, se baisser ou sauter. Pour réaliser les diverses actions, on alterne à volonté le pad directionnel tactile, situé à gauche, et les boutons d'action disposés en bas à droite. Si le tout répond bien dans l'ensemble, on s'arrache facilement les cheveux avec le bouton de saut qui remplit plusieurs fonctions : double saut par double pression, fracassage du sol en retombant façon Mario Bros., et parachute via la cape de Wizzy si on le maintient enfoncé. S'y ajoute le fait que l'icône permet de dégommer les ennemis et on s'imagine très vite que la moindre maladresse risque d'entrainer d'affreuses souffrances. Malheureusement, il ne s'agit pas d'un simple cauchemar mais bien d'une réalité puisque l'imprécision de cette action conduit presque invariablement à la mort du héros dans les zones qui demandent un saut bien ajusté... La fonction parachute permet toutefois de compenser un peu la chose en amortissant les chutes lors des descentes et se révèle par ailleurs bien utile face à certains boss comme ceux aux tentacules acérés ou aux guêpes venimeuses.
Dans les secteurs aquatiques, il est possible de nager sans encombres via l'icône qui apparait à l'écran à ce moment-là. Enfin diverses interactions avec le décor sont fréquentes comme les déplacements sur les plateformes, les mouettes ou les envolées grâce à des propulseurs gélatineux. A partir du troisième monde, on se retrouve obligé de faire face aux contraintes du sol, notamment lorsque l'on patauge dans une crème épaisse et gluante, que l'on se colle à des plaques de miel pour avancer verticalement, ou que l'on glisse sur de périlleux glaciers. Enfin, en cas de blessure soudaine, une inclinaison de l'iPhone suffit à rediriger les pierres précieuses que l'on vient de perdre, vers le héros, ce qui limite bien évidemment la casse. Cette variété évite que la lassitude survienne et, sans être transcendante, suffit à donner un peu plus de fun lors des déplacements, relativement classiques pour un jeu de plateformes.
Globalement, les contrôles de base sont plutôt bons et se maitrisent aisément ce qui facilite grandement la réussite de chaque univers. On frôle toutefois la mort dans les quelques niveaux au cours desquels le décor avance automatiquement, comme dans les Mario Bros., puisque dans ces conditions, rater un saut fait forcément perdre un temps précieux et entraine une rencontre peu avenante avec le bord de l'écran.
Histoire d'agrémenter un gameplay globalement sympathique, le héros va pouvoir endosser différents costumes. Pour cela, rien de plus simple : il lui suffit de dénicher une boite contenant une transformation ou un objet qui le métamorphosera. On retrouvera tout au long du jeu, les deux tenues de base : le costume bleu correspondant au fait que le garçon n'a que le pouvoir d'arroser de magie, avec son doigt, les ennemis proches pour les transformer en bloc ou les éliminer, et celui, plus élaboré, orné de rouge, qui lui permet de lancer des boules de feu ensorcelées. Ensuite, chaque monde propose ses propres mutations : l'archer vert dans la forêt lance de fort utiles flèches grâce auxquelles on peut même grimper, tandis que l'espadon dans les zones sous-marines du bateau permet de combattre tout en étant immergé. Manger un gâteau puis d'innombrables fraises fait grossir le héros et le rend temporairement invincible dans le monde sucré, alors que le monde glacé offre la possibilité de se transformer en esquimau doté d'un pic à glace. Enfin, de manière plus atypique, le cinquième monde reprend le principe du personnage aimanté, comme dans Bounce On, mais être collé au plafond devient automatique et les déplacements se révèlent dans l'ensemble moins amusants que dans ce dernier.
Ces pouvoirs spéciaux sont particulièrement les bienvenus dans les passages chargés en dangers car entre les imprécisions des sauts et le fait qu'il faut quasiment toucher l'adversaire avec son doigt pour l'éliminer quand on est vêtu de bleu, il est parfois un peu difficile de continuer à avancer. Malheureusement, le moindre contact tactile avec un ennemi vous faisant perdre le costume durement acquis, il faudra la plupart du temps vous contenter de la tenue de base. Pas de quoi mourir d'angoisse tout de même étant donné que le niveau de difficulté du jeu reste sobre avec des niveaux parcourus en une petite dizaine de minutes et des vies que l'on récolte plus que régulièrement dans le jeu vu l'abondance des pierres précieuses. En ce qui concerne les boss que l'on doit affronter à la fin de chaque monde, soyons réalistes, le challenge n'est pas de taille si on le compare aux bons vieux jeux oldschool que l'on ne finissait jamais à cause d'adversaires trop difficiles à achever. Ici, il faut la plupart du temps éviter les attaques des boss par déplacements puis les tabasser pendant les phases où ils sont fatigués. On doit parfois utiliser des éléments projetés par l'ennemi pour le combattre comme c'est le cas avec le bonhomme de neige et ses boules glacées. Dans l'ensemble, une fois la tactique comprise, on épargne cristaux et vies et on achève la bête, d'un doigt magique peu stressé, en regrettant tout de même de ne pas pouvoir conserver les capacités spéciales pour affronter l'ultime ennemi.
Un nouveau monde en couleurs
Les graphismes de Castle of Magic arracheront des larmes de bonheur aux possesseurs du jeu. La 3D utilisée se fait particulièrement sentir dans les quelques zones où l'on circule vraiment en profondeur et agrémente le reste du temps les environnements et les personnages. Dotés de couleurs vives et agréables, les décors sont très représentatifs de chaque thème et le tout est parfaitement animé. Castle of Magic propose même au début de chaque monde, une petite discussion animée à l'écrit et en français, entre les deux irréductibles que sont le petit magicien et le sorcier. Les éléments interactifs du décor, comme les flammes qui se dresseront sur la route du petit bonhomme ou les nuages éphémères, sont suffisamment bien faits pour donner une impression de profondeur et de vivacité mais l'on regrettera tout de même un peu la récurrence de certains adversaires car on aurait préféré découvrir des antagonistes inédits dans chaque univers à visiter. Les boss ont aussi bénéficié d'un joli travail graphique et sont souvent agréables à regarder, surtout qu'ils prennent de la place sur l'écran.
Quant au héros, ses chutes en cape sont admirables et il sait utiliser avec efficacité les différents costumes qu'il va endosser. Lorsqu'on le laisse poireauter un peu trop longtemps sur place, il se frotte le museau, il se met à quatre pattes quand on appuie sur la flèche du bas, en bref, c'est mignon. Pour ne rien gâcher ses diverses attaques sont variées et travaillées, tandis que les livres-tutoriaux, disséminés à certains endroits, permettent d'avoir des indications visuelles pertinentes des possibilités de gameplay. Enfin, la bande-son, fidèle à chaque thème, suffit à appuyer encore davantage l'ambiance générale du monde que l'on parcourt.
Il y a malheureusement un prix à payer pour tout cela, et il se chiffre en temps de chargement récurrents et donc lassants à la longue puisque l'on doit les supporter entre chaque niveau.
Endosser cape et chapeau ensorcelés vous demandera 75 Mo, ainsi qu'un livre de potions magiques coûtant 3,99 euros. Si l'investissement vous effraie et que vous craignez de ne pas supporter l'imprécision des sauts, sachez qu'une version Lite de Castle of Magic est disponible et que le niveau qui y est présenté devrait suffire à vous amadouer ou à vous faire fuir, mais gardez tout de même en tête, en tapotant votre écran, que l'avenir de Jenny est entre vos petits doigts agiles.
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Par Zaz • mercredi 1 juillet 2009 à 11h25