Test
Test de Prisoner 84 sur iPhone
Une pièce plongée dans le noir et un grand écran semblent les atouts indispensables pour une excellente immersion dans un jeu de survie peuplé de zombies. Toutefois, le petit écran de l'iPhone et de l'iPod Touch est aussi susceptible d'apporter un bon degré d'angoisse, surtout si on joue dans le noir avec une bonne paire d'écouteurs. Ainsi équipé, il sera alors facile de s'immerger dans Prisoner 84, un survival tranquille où les méninges et l'exploration seront plus sollicitées que l'habileté au tir. Hidden Games propose avec originalité de découvrir une prison pas comme les autres aux allures quelque peu angoissantes.
La solitude a du bon
Paisiblement allongé dans votre lit, vous vous réveillez dans un monde assez cauchemardesque. Mais, soyons réaliste, vivre dans une prison du nom de Tryton n'est certainement pas la chose la plus réjouissante du monde. Après quelques pas incertains dans le couloir, vous découvrez que vos compatriotes incarcérés, ainsi que les gardiens et autres personnels de l'équipement se sont joyeusement transformés en zombies. Une chance pour vous, les morts-vivants en question sont plutôt lents à la détente, ce qui vous laissera la possibilité de raser les murs pour les éviter, mais une fois armé, vos tentatives de camouflage ne seront pas vraiment nécessaires. Bien entendu, le lieu étant devenu glauque, hostile et, surtout, mal surveillé, la liberté s'offre à vous. Le prisonnier 84 n'aura donc d'autre objectif que de trouver la sortie de la prison. Comme, malheureusement, les systèmes de sécurité sont toujours en place, il lui faudra tout de même dénicher cartes et codes d'accès, afin d'ouvrir les portes des différents bâtiments. L'exploration est donc à l'ordre du jour et l'on se perd facilement dans ces lieux relativement vastes, d'autant plus que seules quelques cartes des lieux sont disséminées ici et là. Rien ne prouve que vous réussirez à atteindre la liberté, ni à survivre durant les trois heures de jeu qui vous attendent, mais toutes les chances sont de votre côté.
Minuit, l'heure du crime
Dans son superbe costume "inmate" orangé, le prisonnier 84 va donc se frayer un chemin vers la sortie. On le dirigera avec un D-pad qui fonctionne, d'autant plus qu'on peut courir en double-tapant la flèche du haut, mais qui reste quand même peu maniable lorsque l'on doit se placer face à un objet pour l'actionner. On fera donc un peu de marche en crabe, le temps de s'habituer à cette jouabilité loin d'être exemplaire, mais tout de même disponible en mode droitier ou gaucher. Heureusement, la caméra permet de bien visualiser l'environnement en faisant glisser son doigt à l'écran, à moins que l'on opte là aussi pour un D-pad, via les options, mais il est tout de même moins agréable. Ceux qui auront terminé une première fois le jeu pourront même rejouer l'ensemble de l'aventure en version FPS après un passage par le menu pause, mais ils y perdront la possibilité d'admirer les tenues du prisonnier. En effet, celui-ci déniche parfois quelques vêtements qu'il peut alors revêtir, et si aucun ne l'aidera à passer inaperçu, certains auront toutefois un impact sur sa vulnérabilité par exemple.
L'environnement étant hostile, une arme est toujours la bienvenue. On tombe rapidement sur un pistolet qui permet de tirer à une bonne distance mais qui n'est pas économique en munitions. Obtenir un fusil changera cet équilibre puisqu'il faudra un peu se rapprocher mais l'on pourra dégommer son prochain en 2-3 coups de manière efficace. Les adversaires ne sont pas très vifs, ce qui donne généralement le temps de s'approcher pour les désagréger à coups de balles. Par contre, une fois qu'ils sont sur la défensive, ils vous sauteront dessus pour vous faire la peau. Il en ira de même si vous passez non loin d'eux, ce qui peut s'avérer dangereux dans les zones de pénombre. Chaque coup porté à votre encontre teintera l'écran de rouge, tandis que votre tee-shirt subira des dommages et ce, jusqu'à ce que mort s'en suive. Le Game Over ne sera pas à l'ordre du jour puisque l'on vous invitera juste à reprendre le jeu à l'entrée de la dernière pièce visitée, avec les munitions au maximum qui plus est ! Car, oui, vos balles diminuent à vue d'oeil au fur et à mesure que vous tirez. Il faudra aussi compter sur le fait qu'il est nécessaire de recharger l'arme régulièrement, on évitera donc de s'attaquer à un zombie quand il ne reste qu'une balle dans le chargeur, à moins que l'on maitrise bien la marche arrière. L'angoisse concernant tout ceci ne sera pas à son comble bien longtemps puisque quelques casiers de maintenance permettent de refaire le stock de munitions ou de soigner le prisonnier.
Les zombies ne seront pas votre seule source de préoccupation puisque des araignées vous tomberont parfois dessus et qu'il arrivera même que des insectes vous attaquent, demandant une réaction appropriée à l'accéléromètre. La variété est toujours bonne à prendre, surtout dans ce type de jeu, et on apprécie bien le fait de zigzaguer pour éviter ces créatures pleines de pattes, tout en guettant leur apparition éventuelle.
Moins dangereux mais tout aussi présents, des puzzles parsèment le jeu. Ils permettront la plupart du temps d'obtenir l'accès à un nouveau secteur, via un objet à dénicher dans une pièce, un meuble, voire dans la poche d'un vêtement suspendu. On devra alors passer des cartes d'accès dans un lecteur, taper les codes obtenus, en les mémorisant au préalable, surtout que certains sont seulement inscrits sur le mur (avec du sang bien sûr !), faire tourner des molettes pour entrer un code de sécurité ou encore utiliser des fonctions tactiles via le multi-touch. L'ensemble est très bien pensé, varié et original, mais la précision n'est pas toujours parfaite. On s'en accommode plutôt facilement et on prend vite plaisir à découvrir les nouveautés proposées. Les petites surprises ne se limitent pas seulement aux puzzles puisque des tenues vestimentaires sont cachées ici et là, de même que divers objets utiles ou plus symboliques que l'on collectera pour le plaisir ou pour obtenir des informations. Ainsi, on découvrira les rapports en anglais du médecin du prisonnier 84, des Tokens bien cachés à l'effigie de Hidden Games, des têtes d'autres résidents et autres joyeusetés qui pourraient bien vous inviter à rejouer le jeu une seconde fois, afin d'améliorer le temps global ainsi que la collecte d'items.
Toiles d'araignées et bain de sang
Au premier regard, Prisoner 84 est loin d'impressionner par ses graphismes. La faute sans doute au héros, situé en premier plan, dont les polygones pourraient en effrayer certains. Les autres personnages pâtissent d'une finition assez similaire et il est assez perturbant de les voir se désagréger en petits morceaux cubiques qui viendront alors joncher le sol durant quelques dizaines de secondes. Si les humanoïdes ne sont donc pas impressionnants, mais permettent au jeu de tourner sur les premières générations de tactiles, on est par contre vite étonné par les environnements. Les pièces sont plutôt variées, on visitera donc plusieurs quartiers-dortoirs, une bibliothèque, une aire de jeu, des ponts, des locaux de maintenance, un réfectoire et même des toilettes. Si le design reste assez proche, donnant une bonne cohérence à l'ensemble, on notera par contre le soin du détail inimaginable des développeurs. Tandis qu'un lieu baigne dans la clarté, un autre sera envahi par des toiles d'araignées, on pataugera dans l'eau à un étage et il nous arrivera de suivre des trainées de sang au sol. Lugubre, glauque, angoissant, tels sont les adjectifs utilisés pour décrire le jeu dont l'atmosphère est particulièrement réussie. La simplicité de certaines textures ne gâche en rien l'immersion d'autant que les items interactifs sont parfaitement visualisés via un petit écrou blanc clignotant qui saura vous indiquer où vous diriger. Le level-design est impressionnant tant il favorise l'immersion : les couloirs, angles et autres portes coulissantes sauront vous plonger dans l'ambiance et vous faire avancer à pas mesurés, des fois qu'un mort-vivant se tienne juste derrière un recoin. Le manque de visibilité au loin rajoute une touche angoissante puisque la pénombre baigne les lieux et qu'il faut avancer pour découvrir son environnement, parfois parsemé d'angoissants cadavres.
L'aspect musical du soft est tout aussi immersif que les graphismes. Les musiques ne sont pas omniprésentes, permettant de profiter pleinement du silence qui règne dans la prison, mais celles que l'on entend ajoute la touche nécessaire d'angoisse dans ces lieux lugubres. Les bruitages font par contre le travail en permanence, en atteste les différents bruits indéterminables qui résonnent autour de vous, les grognements des zombies et les effets environnementaux produits par des courts-circuits ou des gouttes d'eau. Vous apprécierez évidemment le bruit de vos balles au moment des tirs, mais vous devriez surtout vous régaler en écoutant le son de vos propres pas qui vous permettra de déterminer si vous marchez sur la terre ferme, une trainée de sang ou une flaque d'eau. L'ensemble est impressionnant de qualité, varié, réussi, à tel point que l'on ne râlera même pas de l'absence de la fonction iPod.
Prisoner 84 n'est pas le jeu du siècle sur le plan graphique ou en terme de durée de vie. Par contre, il est un modèle du genre côté ambiance et level-design, offrant une expérience immersive, glauque, angoissante et prenante comme on en a peu l'habitude sur iPhone et iPod Touch. Hidden Games signe un survival très réussi, à l'action douce, qui s'installera pour 2,39€ sur votre tactile, si vous lui faites 90,8Mo de place.
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Par Zaz • vendredi 23 juillet 2010 à 22h30
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Je suis un amateur d'ambiances angoissantes
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j'hesite juste par rapport à la durée de vie, je sens que ca va se jouer sur un coup de tête
au passage, tres bonne realisation ce test
il y a 1 année -
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Je l'ai fini en 3h mais il me manquait plusieurs tenues (qui ne sont signalées que quand on est trèèèès près, contrairement aux autres objets) et un Token, donc en cherchant tout depuis le début, ça doit rallonger d'environ 1 heure. Sachant qu'ils ne sont que 2 développeurs, le boulot fourni est vraiment de qualité, j'espère qu'ils sortiront d'autres jeux du même acabit.
Courte expérience, mais savoureuse, j'ai même sursauté à un moment
il y a 1 année -