Test
Test de Wind-Up Knight sur iPhone
Rest in pieces
L'ambition vidéoludique passe souvent, de nos jours, par les graphismes plus que par la jouabilité. Robot Invader a décidé de son côté de jouer sur les deux tableaux et même de relever un challenge de taille puisque son jeu s'adresse avant tout à un public avide de difficulté, prêt à tout pour repousser ses limites et maitriser chacun des aspects du titre. Venant se ranger aux côtés de running games réussis comme Mirror's Edge ou Monster Dash, tout en exacerbant l'aspect plateformes, Wind-Up Knight va devoir faire ses preuves aussi bien sur iPhone, iPod Touch et iPad que sur Android, ce qui n'est jamais une mince affaire, même pour un vaillant chevalier.
Game of thrones
Quand le roi Hercule IV reçoit un message de son ennemi Black Knight, il voit rouge. Celui-ci n'a pas hésité à kidnapper la princesse pour le narguer, il ne reste donc plus qu'à trouver un héros pour la délivrer. Sprint étant dans les petits papiers du monarque, le voilà parti à l'aventure, traversant diverses contrées pour atteindre le château ennemi où se trouve sans doute emprisonnée la demoiselle. Si celle-ci ne montrera pas le bout de son nez, elle se fera tout de même remarquer pour son esprit puisque durant les temps de chargement, vous aurez l'occasion de sourire en lisant ses astuces. Complétant ce premier aspect humoristique qui donne du caractère au jeu, les titres des niveaux vous annonceront la couleur de ce qui vous attend, "Collapse" pouvant être une bonne indication du peu de temps qu'il vous reste à vivre.
Le soft est découpé en quatre livres à la difficulté réellement progressive, les deux premiers étant très accessibles et assez répétitifs, le troisième se bouclant rapidement si l'on ne cherche pas la perfection et le quatrième étant l'essence même du plaisir et du sadisme que Robot Invader est capable d'instiller dans la création de levels au design tortueux. Au sein de chacun de ces tomes, vous trouverez douze niveaux qui vous fixeront plusieurs objectifs : atteindre avec brio le drapeau de fin, collecter toutes les pièces et enfin, dénicher une carte souvent difficilement accessible, voire très bien cachée. Votre réussite sera indiquée sur le livre, vous invitant à reprendre les stages pour améliorer votre note ou remplir un des contrats que vous auriez raté. Obtenir des A, voire même des S, à tous les niveaux d'un tome permet de débloquer le stage rouge, nommé knightmare. Comme son nom l'indique, il s'agit grosso modo de votre pire cauchemar, les pièges s'amoncelant devant vos pas hésitants, afin d'envoyer votre chevalier dans la tombe. La rejouabilité ainsi procurée est excellente, d'autant que les niveaux sont globalement assez courts, mais n'espérez pas boucler le jeu rapidement, le quatrième livre n'hésitant pas à vous faire recommencer certains niveaux pendant plus de trente minutes.
La mort aux trousses
Le déroulement du jeu est assez simple puisqu'il fonctionne sur le principe du running game en scrolling horizontal. Sprint courra donc dès le début du niveau et vous n'aurez ni la possibilité de l'arrêter ni celle de le faire changer de direction. Le level-design se chargera par contre de remédier à cela en faisant rebondir le chevalier contre certains obstacles, ce qui l'enverra dans la direction opposée, pour le meilleur et souvent pour le pire. En effet, le héros fonctionne sur batterie ce qui ne lui permet pas de s'égarer. Il va lui falloir remonter la clé qu'il a dans le dos en récoltant l'item dédié ou en réalisant des actions qui feront passer l'écrou en haut à gauche du rouge au vert. Si vous tardez trop ou qu'un demi-tour inopportun vous envoie en arrière, vous serez bon pour reprendre le niveau dans sa totalité. Généralement, il est assez facile de ne pas tomber en pâmoison, mais certains endroits demandent un timing précis, vous laissant une marge de manoeuvre plus que réduite.
S'il n'y avait que cela pour compliquer la progression de Sprint, tout irait bien, mais le jeu fait la part belle à la plateforme et à la réactivité. Les deux premiers livres sont assez linéaires et même si vous devrez prendre l'habitude d'user du bouton de saut pour franchir les précipices ou les pics acérés, dans l'ensemble, votre vie ne sera pas trop mise en danger par le design. Une fois cette première action maitrisée, on vous invitera à faire face à vos premiers ennemis : les poulets. Ne vous inquiétez pas, ils ne se lanceront pas à vos trousses mais resteront bien sagement à leur place, attendant que vous leur fonciez naïvement dessus, vous prenant un coup de bec mortel. Vos moyens de défense seront de deux types : le premier consiste à frapper le volatile de l'épée, le second vous invite quant à lui à sauter par dessus l'ennemi pour l'éviter, mais il est à double tranchant si les développeurs avaient prévu que vous rechargiez le héros en tailladant l'adversaire. Chaque livre apporte un nouvel antagoniste, vous aurez donc le droit de planter votre lame dans des loups, puis dans des trolls des cavernes et finirez avec des soldats qui sont un peu plus embêtants que les autres à cause de leur lance qui a une portée plus étendue. La dangerosité de l'ennemi résidant surtout dans l'endroit où il a été placé, il vous faudra souvent enchainer un saut et un coup d'épée pour éviter de manger les pissenlits par la racine.
Vous devrez aussi rouler sous certaines zones pour avancer, ce qui se fait simplement en posant le doigt sur la touche dédiée, maintenant ainsi le héros en position de boule autant qu'il vous plaira. La fonctionnalité diffère donc un peu de ce à quoi on a l'habitude puisqu'il est possible d'anticiper et de poursuivre son action jusqu'au bout, sans difficulté, voire de préparer le geste suivant puisqu'une fois coincé sous une plateforme, Sprint continuera à rouler et pourra mettre en mémoire une nouvelle action. On notera toutefois quelques soucis de réactivité au niveau des boutons à certaines occasions, et comme le jeu n'est pas permissif, cela vous obligera à recommencer le stage depuis le début.
Vous enchainerez avec le bouclier qui permet de survivre aux chutes d'objets, signalées par de la poussière qui s'échappe des lucarnes au-dessus de votre tête, et aux flammes qui vous rôtiront si vous ne vous mettez pas à l'abri. La disposition des boutons permet de combiner le saut et le bouclier, indispensable association pour récupérer certaines pièces d'or.
Enfin, vos deux derniers atouts à débloquer seront le double saut, qui servira à franchir de grands précipices, et le rebond qui permettra à Sprint de sauter alors qu'il est en train de glisser le long d'un mur, lui donnant aussi la possibilité de grimper. Dans les deux cas, cela se jouera avec le bouton de saut, à vous de bien calculer votre timing pour éviter de chuter ou de finir empalé, tout en récupérant les pièces qui pavent le chemin. Vous prendrez vite l'habitude de cette petite assurance vie qui ne marche certes pas à tous les coups, mais a le mérite de rattraper un faux pas régulièrement, vous mettant dans des situations délicates si vous reprenez le jeu pour récolter piécettes et cartes manquantes, puisque les pouvoirs ne sont pas rétroactifs.
Dès le livre 3, le design change, transformant le long fleuve tranquille que l'on traversait en torrent tumultueux. Vos doigts et vos neurones seront invités à s'exprimer à toute allure, notamment quand il faudra enchainer un saut par dessus des pics, tout en maintenant le bouclier pour se protéger du tonneau qui chute, poursuivre avec un coup d'épée sur le loup qui retrousse déjà ses babines, puis plonger en boule pour passer sous une plaque hérissée de pointes acérées. Si ce livre est plus corsé, il reste tout de même accessible, par contre il vous faudra être très réactif si vous comptez collecter toutes les pièces d'or. Le passage au dernier tome est une toute autre affaire, les développeurs ayant clairement réservé le pire pour la fin. Avec des level-designs fous comme une construction en spirale, un niveau où vous passerez votre temps à glisser le long des murs pour éviter les pics, ou d'autres dotés de pans de pointes qui surgiront par surprise des murs, vous aurez de quoi faire et vous ne compterez pas le nombre de fois que Sprint mourra. La frustration vous gagnera sans doute, surtout si vous passez une heure à décéder, mais chaque level est tellement riche en ingéniosité que l'on prend plaisir à les découvrir, le sourire sadique des développeurs s'imposant à notre esprit, et que l'on exulte quand on atteint enfin le drapeau de fin, juste avant d'enchainer avec l'horreur suivante qui nous fera trépasser encore et encore. Néophyte ou adepte des jeux faciles et accessibles, vous pourrez donc vous contenter des trois premiers livres qui vous demanderont tout de même un peu de persévérance, le quatrième s'adressant au choix aux plus courageux des joueurs ou aux plus masochistes, prêts à reprendre maintes fois un niveau, jusqu'à le connaitre par coeur, afin de franchir les obstacles les plus dangereux. Vous pourrez compléter le tout avec les quelques trophées in game et sur Game Center, de quoi essayer de ne récolter aucune pièce ou de ne pas maltraiter les poulets durant le parcours de votre choix.
Un cauchemar idyllique
Pour faciliter la progression, chaque écran de fin de niveau vous distribuera des notes, à utiliser dans la boutique. Vous trouverez dans celle-ci un équipement restreint mais utile. Il pourra s'agir de l'épée Slash and Burn par exemple, qui envoie des boules de feu et élimine donc l'ennemi à distance, une fois qu'elle est chargé ; d'un casque qui vous protégera d'une chute d'objet ; d'un bouclier qui changera l'adversaire en pierre ; ou d'une armure qui transformera le Sprint roulant en terreur des poulets. Vous obtiendrez gratuitement certains items en avançant dans le jeu et en terminant les livres, mais d'autres vous demanderont un coûteux investissement. Carrément dispensables, ces objets ont un rôle esthétique, changeant l'apparence du héros dans le jeu, mais ils permettent surtout de soulager un peu votre traversée infernale. Si vous n'avez pas le nombre de notes requis, les achats intégrés seront là pour vous aider à convertir de la monnaie réelle en deniers de chevalier.
Bien équipé ou sobrement vêtu, vous serez prêt à noyer votre chagrin (si si, la princesse a été kidnappée !) dans la beauté des décors qui parsèment les livres. Totalement inutiles puisque le tout se joue en scrolling horizontal, ces environnements soignés en 3D vous conduiront même à la mort si vous vous laissez quelques secondes pour admirer ce qui vous entoure, alors que Sprint fonce vers le danger. Conservant une ambiance médiévale qui sied évidemment au thème choisi, par le biais de pierres et de murailles, le soft n'hésite pas à se démarquer en proposant des tableaux variés, plutôt champêtres ou marins, en extérieur ou en intérieur. Les paysages sont diversifiés, les nuances toujours agréables, les effets de lumière réussis, on se brûlerait presque aux torches qui éclairent le château et l'on sera tout retourné en découvrant un niveau où tout est sens dessus dessous. De leur côté, les animations sont détaillées, notamment lors des attaques ennemies, et notre bonhomme réagit quant à lui de manière variée suivant les actions, mourant toutefois dans la plus grande sobriété histoire de ne pas vous traumatiser trop amplement.
L'interface des livres ne dénote pas, entérinant très joliment le côté médiéval grâce à une présentation tout en châteaux des niveaux et, en ce qui concerne les petites cartes à collecter pour les plus persévérants, on retrouvera le coeur, le pique, le trèfle et le carreau, pour une belle harmonie thématique.
La bande-son est, elle aussi, à la hauteur de la réalisation, discrète mais plaisante, proposant des musiques qui accompagnent diversement les niveaux, ajoutant aussi bien de la tension que de la détente, et vous pourrez si besoin jouer sur votre playlist iTunes. Le tout est additionné de bruitages qui vous sauveront parfois la mise, attirant votre attention au dernier moment sur un danger qui risque d'écourter votre vie.
Wind-Up Knight n'est pas un jeu qui s'adresse à tout le monde à cause de sa difficulté assez relevée. Le concept du running game a été repris avec brio par Robot Invader qui l'a amené à un niveau intéressant, le complétant parfaitement par de l'action et de la plateforme, tout en mettant en exergue les capacités qu'ont les joueurs à enchainer rapidement les touches. La bonne rejouabilité, la satisfaction après une réussite et le plaisir de découvrir les nouveaux environnements sont la cerise sur le gâteau de ce jeu réussi, à adopter sur iPhone, iPod Touch et iPad pour 0,79€ [lien] ou sur Android, gratuitement [lien], mais avec les livres à acheter si l'on ne réussit pas parfaitement les objectifs proposés.
Test iPod Touch 4 réalisé sur la version 1.3
Wind-Up Knight - Trailer
8 / 10
On a aimé
- Tout
- Le level design recherché
- Les actions proposées
- Les graphismes et la bande-son
- L'excellente rejouabilité
- La difficulté progressive
- Le titre des niveaux
- Les astuces décalées de la Princesse
On n'a pas aimé
- Mourir 50 fois par niveau sur le Livre 4
- Parfois quelques imprécisions sur les contrôles
On s'en tape
- En anglais
- Un bon gros coup de coeur
- N'hésitez pas à piquer un sprint
Par Zaz • mardi 20 décembre 2011 à 00h11
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Merci pour ce test, c'est après l'avoir lu que je l'ai acheté sur l'Android Market.
Merci encore !il y a 25 jours -
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Fiche jeu
Wind-Up Knight
- iPhone
- Genres : Action / Plateforme
- Sortie FR : 10 décembre 2011
- Aidez le petit chevalier à franchir les obstacles, afin qu'il sauve la princesse détenue par l'affreux Black Knight.